"Finalement, comme c’est déjà mon anniversaire, je décide de passer la nuit à l’hôtel. La laideur de la chambre me fait du bien.
J’en ai marre de la décoration intérieure. On devrait tous laisser nos appartements avec leurs moquettes d’origine, leurs mûrs sales, leurs plafonds qui s’écaillent, leurs luminaires choisis par
d’autres ; pas de meubles, juste le strict nécessaire, moche et fonctionnel, pas de mensonges, pas d’arrangements. Je n’espère convaincre personne, juste moi, étendue sur le couvre-lit en
chenille de velours, les yeux sur le plafonnier – un demi-globe de verre poussièéeux dans lequel une dizaine de mouches ont trouvé une mort bien méritée. "
« la pratique artistique n’est pas le dehors du travail mais sa forme de visibilité déplacée. Il sort l’artisan de « son » lieu,
l’espace domestique du travail et lui donne le « temps » d’être sur l’espace des discussions publiques et dans l’identité du citoyen délibérant. (…) L’art est production, identité d’un processus
d’effectuation matérielle et d’une présentation à soi du sens de la communauté. La production s’affirme comme le principe d’un nouveau partage du sensible, dans la mesure où elle unit dans un
même concept les termes traditionnellement opposés de l’activité fabricatrice et de la visibilité. »
le philosophe Jacques Rancière dans son essai Le partage du sensible,
Une fille du feu, d’Emmanuelle Bayamack-Tam, aux éditions P.O.L.
Peluche multi-fonctions
"Banc-cales" série